Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Clermont-Ferrand

Année Césure

Année + (ex année dite césure)

Depuis septembre 1999, l’ENSCCF offre à un nombre restreint d’étudiants la possibilité d’effectuer une année sandwich (dite année césure) exclusivement en entreprise en France ou à l’étranger entre le 2ème et la 3ème année. L’ENSCCF s’est efforcé de respecter les recommandations de la CTI indiquées lors de sa précédente évaluation en 2002 en limitant ces départs à environ 10 % de la promotion. Lien vers la liste de ces stages pour la période 2002-2008.

Les retours d’expérience des élèves sont extrêmement positifs, ils acquièrent une maturité et un enrichissement personnel. L’année césure leur permet de mûrir leur projet de formation et leur projet professionnel lors d’une période longue en entreprise, dans une situation ‘réelle’, abordant ainsi la dernière année de leur cursus avec motivation et confiance, solides dans leurs choix de spécialisation (choix de thématiques et aussi choix de métiers). 70 % d’entre eux réorientent ce projet à l’issue de l’année césure. L’année césure est aussi un temps de mise en situation et de « droit à l’erreur » qui introduit de la flexibilité dans le cursus ingénieur.

Un certain nombre de grands groupes multinationaux privilégient en effet les stages de très longues durées à l’étranger. En effet, en Chimie, les projets sont très souvent de longue haleine (après avoir appréhendé le sujet, le contexte, la part expérimentale est importante et consommatrice de temps…). En raison de la barrière culturelle et linguistique, une durée de stage allongée est préférée à l’étranger pour conduire jusqu’au bout un projet. Aussi la pression de la part des étudiants est elle de plus en plus forte, mais aussi de l’industrie qui apprécie cette offre comme un véritable apprentissage. Les entreprises et leurs organisations représentatives, dont l’Union des Industries Chimiques relèvent les avantages de l’année césure, comme la « maturation » des élèves, leur implication plus grande dans la dernière année d’études, la facilité d’accès au premier emploi, et l’intégration accélérée. C’est la raison pour laquelle, le nombre d’étudiants concernés est en hausse depuis 2006, mais nous avons choisi de maintenir des taux raisonnables inférieurs à 25 %.

Quelques spécificités de la formation en chimie, et des emplois des jeunes diplômés de la FGL dans le secteur chimie/parachimie/pharmacie renforcent l’intérêt constant (et de longue date) des élèves pour cette année césure :

- Les cursus sont conçus sur des bases larges en chimie, se spécialisent sur les 2 semestres terminaux à l’ENSCCF : certains élèves ont besoin de l’année césure pour faire ce choix de spécialisation.

- La formation en chimie nécessite un apprentissage expérimental important (par sa part dans les programmes, par la durée) par rapport à d’autres spécialités d’ingénieur ; l’année césure est l’opportunité de consolider en entreprise, sur un sujet spécifique de longue haleine, plus consistant que les travaux pratiques et les projets, les acquis expérimentaux de la formation préalable.

- Les emplois en chimie sont caractérisés par leur variété et un taux très important des activités de recherche comparativement à d’autres domaines (20 % des ingénieurs chimistes de l’UNAFIC (UNAFIC –Union Nationale des Associations Françaises d’Ingénieurs Chimistes- enquête 2007 sur les emplois de la population des ingénieurs chimistes, tous âges confondus.) sont en recherche et développement, 10 % pour la population totale des ingénieurs) Les jeunes diplômés de la FGL (et de l’ENSCCF) continuent en thèse, pour un peu plus de 20 %, chiffre assez constant au fil des années, alors que ce chiffre est de moins de 10 % pour l’ensemble des jeunes ingénieurs diplômés. Le niveau bac + 8 correspond à un besoin avéré des grandes entreprises internationales. L’année + permet d’infirmer ou confirmer le choix de faire de la recherche et de s’investir dans un doctorat.

- Les entreprises qui proposent des stages de longue durée sont majoritairement de grands groupes internationaux (l’emploi des jeunes diplômés de la FGL est à 20 % à l’international) parfois assez difficiles à appréhender : l’année césure permet d’une part de mieux les connaître, de l’intérieur, et d’autre part de vivre une première expérience significative à l’international, rassurante pour le jeune diplômé et l’entreprise en début de vie professionnelle. L’élève ingénieur met en adéquation métier et personnalité.

Les écoles de la FGL ont engagé une réflexion sur l’année césure, et ont répertorié les pratiques de chacune. La FGL a adopté aujourd’hui le terme de « Année + » et se propose maintenant d’élaborer, pour ses membres, un guide ou une charte des bonnes pratiques de l’année +. Ce cadre de référence, autant à l’usage des entreprises que des établissements, fixerait les points suivants :

- le caractère optionnel de l’année +,
- l’inscription des élèves, les frais de scolarité,
- leur statut,
- le suivi des élèves,
- la « valorisation » du stage : évaluation, attribution de crédits, relevé dans le supplément au diplôme.

La mise en place de la charte, et son suivi, pourrait être complétée par des enquêtes annuelles auprès des écoles de la FGL, donnant des informations plus précises sur le déroulement de l’année +, le cadre juridique et administratif, et cernant l’impact de l’année + (Les écoles de la FGL suivent déjà collectivement la situation de l’emploi, et des indicateurs comme les effectifs, les séjours à l’international, la mise en place des principes et outils de Bologne…).

Pratiques de l’ENSCCF :

Depuis sa mise en place à l’ENSCCF, l’année + ne peut être effectuée QUE dans l’industrie et aucune exception n’a été autorisée. Jusqu’à aujourd’hui, l’ENSCCF a inscrit ses élèves durant l’année + et place ce stage de longue durée dans un projet pédagogique. L’année + donne lieu à une convention tripartite étudiant/école/entreprise, un suivi de l’élève est effectué par l’enseignante Responsable de l’année + incluant une visite, un rapport écrit est exigé ainsi qu’une soutenance en présence du tuteur dans l’entreprise. Ce stage se substitue au stage préalable de 2ème année dans l’attribution des ECTS.

L’année + ne présente bien sûr aucun caractère obligatoire et est, au contraire, une offre de l’ENSCCF à un petit nombre (choix pédagogique réfléchi pour l’étudiant) qui doit se justifier par un vrai contrat pédagogique. Les élèves intéressés travaillent leur projet avec l’enseignante Responsable de l’année +, également Responsable de l’Insertion Professionnelle à l’ENSCCF. Un soutien à la recherche de stage leur est proposé. Toutefois, devant le nombre croissant de demandes, le Conseil de Perfectionnement mène actuellement une réflexion pour établir des règles plus strictes d’accès à l’année +, sans négliger le fait que l’année + pourrait être recommandée à certains élèves présentant quelques difficultés en terme de confiance en soi, trop grande réserve à communiquer... L’ENSCCF participera activement au groupe de travail de la FGL, animé par Michelle Gelin de CPE Lyon, sur le sujet.